Le mix du journal créatif

Je termine cette formation en ligne avec une semaine consacrée à combiner les différentes techniques utilisées dans les semaines précédentes : collage, écriture, dessin, peinture…

J’ai commencé par un exercice de respiration créative pour se recentrer sur soi; c’est très méditatif, une petite musique peut accompagner l’exercice pour aider à rester dans sa bulle. Après quelques respirations à vide il s’agit de tracer avec un crayon des lignes sur une ou deux pages de son journal, les yeux fermés pour créer une connexion directe entre la main et la respiration; une fois qu’on estime qu’on a formé comme une phrase respirée, on ouvre les yeux et on écrit notre ressenti du moment le long des lignes; c’est à la fois joli et ludique… pour moi ça m’a permis de décharger l’oppression qui était présente depuis le réveil, j’ai pu mettre des mots dessus même si je ne voulais pas voir. J’ai encore mieux vu avec le prolongement que j’ai fait de cet exercice : j’ai repassé en feutre liquide certains contours et après avoir refermé et rouvert le journal pour imprimer la page d’en face, j’ai pu poursuivre mon travail d’introspection sur cette autre page. Là m’est apparue une silhouette féminine qui avait l’air de brandir un objet pointu avec du rouge au bout car j’avais mis de la couleur rouge sur le premier dessin. J’ai approfondi cette première suggestion en la transformant, avec des crayons de couleurs, en une femme qui pourrait être moi, qui se décide enfin à regarder devant et à prendre position; mais je n’ai pas réussi à déterminer l’objet tenu dans ma main, il me fait un peu peur, j’ai décidé de laisser ça pour plus tard…

L’exercice suivant consiste à se représenter dans son corps en partant d’une silhouette type pain d’épice et à inscrire toutes les sensations corporelles, douloureuses ou de bien-être, tout ce qui vient avec le scan corporel complet. J’ai fait une forme humaine dans laquelle j’ai positionné des tâches de couleurs là où mon corps me fait mal aujourd’hui; c’était très représentatif, sans connaître l’exercice j’aurais pu me reconnaître; c’est aussi déprimant de se dire qu’on existe autant au travers de ses douleurs. La suite de l’exercice a consisté à faire un zoom d’une zone à risque sur la page d’en face. J’ai choisi bizarrement la plus chargée, c’est à dire toute la zone du plexus au bas-ventre que j’avais bien tartinée en beige marron, avec une espèce de tornade bleue pour rejoindre la gorge. Et là comme pour le dernier exercice zoom, j’ai pu approfondir le ressenti, coller des images, écrire, me défouler totalement pour arriver à représenter le foisonnement intérieur de mon second cerveau. J’ai même retrouvé le rêve fait quelques jours plus tôt et j’en ai compris le message : une espèce de liane qui pousse avec force vers de nouvelles énergies tandis qu’à l’autre bout s’enracine un petit bulbe dans lequel un petit personnage dégoûtant a l’air de bien s’amuser. J’ai décidé de couper le bulbe qui représente le passé pour moi et de laisser la liane suivre son chemin; ça m’a fait du bien 😌.

L’exercice suivant a été bizarrement difficile et je ne suis pas satisfaite de ma production ou en tout cas je n’ai pas trouvé le réconfort annoncé; il s’agissait de représenter sur une page du journal son ou ses moments de bien être et plaisirs, petits ou grands, au moyen de collages, dessins… l’idée étant de retrouver une émotion apaisante à la vue de la page réalisée. Pas évident du tout, je suis toujours en train de chercher quoi représenter qui me ferait vraiment du bien… en premier j’ai dessiné une tasse de thé Earl Grey brûlante, un bouquet de fleurs dans son vase et un livre à côté; c’est mon moment calme du matin que je kiffe habituellement mais bizarrement il y avait un manque que je n’ai pas réussi à combler… Étrange … 💁 j’y reviendrai plus tard peut-être en cherchant d’autres combinaisons plaisir et journal. Faudrait déjà que j’écrive ce qui me fait plaisir pour m’en rappeler ☺️.

L’exercice d’après nous fait sortir un peu du cadre du journal en première approche : une grande feuille de papier au mur ou autre sur laquelle on va poser toute son énergie en peinture ou autres médiums au choix. Je fais ça et je reviens….

Alors l’expérience était intéressante une fois de plus ; elle m’a bien fait sortir de ma zone de confort si tant est que j’ai une zone de confort dans le domaine de la production artistique. J’ai pris 3 tubes de peinture acrylique (un noir, un turquoise et un doré) et j’ai commencé à faire comme des grandes fleurs sans savoir où j’allais; finalement j’ai ajouté du fushia car je trouvais que c’était trop terne. Après quelques barbouillages, je commençais vraiment à m’énerver, et alors que je regardai ma production avec mon juge intérieur très actif, j’ai été attirée par une petite zone mystérieuse composée d’une grotte et de plusieurs cascades. Mon imaginaire a pu se libérer et mon énervement contre lequel je luttais depuis quelques minutes s’est apaisé. J’ai ensuite sereinement découpé cette zone pour la coller dans mon journal. Puis je l’ai complété avec une mosaïque de triangles découpés dans mon dessin et des écritures un peu partout.

Bleu – e -s ! Le ciel me guide, l’eau me purifie, la nuit me construit, mon âme se préserve du vide…

Anne Lemaire

L’expérience suivante est tout aussi enrichissante : une balade avec un carnet et un crayon pour noter son ressenti, ses observations, des croquis. Il s’agit d’être connecté à soi pour laisser aller sa main dessiner, écrire, cueillir une fleur, ramasser une feuille tombée ou pour se laisser imprégner d’une odeur, des bruits environnants… ; je dirais que ça s’apparente à une marche méditative couplée à un travail de capture actif dans le carnet. Pour ma part, j’ai eu du mal à me laisser aller trop près de chez moi, du coup je suis partie plus loin sur un chemin désert et là j’ai vraiment pris le temps d’observer des choses familières comme une fontaine et un lampadaire et jai aussi fait quelques découvertes comme des petites fleurs invisibles perdues dans les haies (des chosias apparemment).

Une fois rentrée, j’ai reproduit les éléments observés, complété avec des craies grasses et écrit suivant mon inspiration… Quelques phrases ci-dessous :

Dans la froideur de l’automne, une odeur soudain m’étonne
je me penche par curiosité : quelques fleurs derrière le barbelé
me plongent dans l’allégresse, en me montrant leur délicatesse

Anne Lemaire

La petite fontaine trône telle une reine
Elle est là depuis toujours à me parler d’amour
je fais mienne sa couronne pour que toujours ses mots résonnent

Anne Lemaire

La semaine se termine par un exercice de Mandala à 5 sections, destiné à capturer un élément de chacune des 5 semaines dans une section. Je balaye donc mon journal depuis le début et ce qui me frappe c’est la richesse des messages, l’évolution, et la cohérence d’ensemble me concernant. Tout ce que j’ai vécu au travers de ces exercices de journal créatif a trouvé une connexion dans ma vie, au travers mon travail, ma thérapie personnelle avec l’EMDR, mes lectures, mes relations… je pense que je suis encore plus déterminée à faire la formation certifiante d’un an dans la perspective de transmettre ce formidable moyen d’ouverture sur soi. Et donc sur les autres 😍

Vivement le mois de juillet 2021 que ça commence !


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