Modélisation de la posture d’accompagnante en art-thérapie, de l’importance des formateur-trice.s

Dans la dernière ligne droite de ma formation, alors que tous les cours et les stages sont derrière moi, j’ai souhaité témoigner de ce sentiment de gratitude et de confiance renouvelée que j’éprouve en repensant à tout le parcours effectué pour arriver demain à installer mon atelier où je pourrai recevoir des clients, des personnes à qui je pourrai transmettre à mon tour un peu de cette substance. Cette assurance d’être unique, d’être acceptée de manière inconditionnelle par des personnes qui voient ce que vous ne voyez pas encore ; vous qui avez tellement peiné à retrouver votre souffle … grâce à elles, le voile de votre horizon s’éclaircit.

Je veux parler des personnes formatrices que j’ai rencontrées dans mes formations, peut-être qu’elles se reconnaîtront si elles tombent un jour sur cet article … Je pense à Ishtar, Sylvie, Sylvie, Brigitte, Jean-Marie, Bernard, Anne-Marie, Nathalie, Danièle.

Formations, transmission, incarnation, inspiration, modélisation … 5 petits mots pour traduire mon admiration.

Formations

Mes formations, ce sont celles que j’ai suivies en parallèle pendant deux ans, dans le cadre d’une reconversion pro à 53 ans :

  • Une formation d’art-thérapie pour obtenir le titre de  « Médiatrice artistique en relation d’aide », en présentiel à Paris
  • Une formation québécoise pour  « Animer et accompagner avec le Journal créatif® « , en ligne

J’en ai 55 maintenant et je peux dire que ces formations m’ont changée davantage que les dix dernières années à m’épuiser dans mon travail de salariée. En partie grâce à ces formateur-trice.s qui se sont trouvés sur mon chemin et auxquels j’ai envie de rendre hommage en écrivant ces quelques lignes.

Transmission

Chacune à leur manière, ces personnes m’ont transmis quelque chose d’unique, qui reste gravée dans ma psyché, comme autant de symboles incarnés qui s’invitent à ma table du conseil :

  • « Y aller, c’est l’essentiel » quand je veux rester planquer sous ma couette
  • « Ta présence fait 80% du job » quand je sens que mon  « Soit parfaite » travaille trop dans ma tête
  •  « Simple is the best » quand je commence à complexifier ma proposition par peur du « pas assez »
  •  « Je ne sais pas » quand je commence à juger
  •  « Ce qui doit émerger émerge » quand je me rends compte que j’ai un projet pour l’autre
  • « Fait confiance au processus » quand je doute
  • « Le détour pour sentir, pour se sentir » quand j’intellectualise trop
  •  « Le journal est mon doudou » quand je me sens seule
  •  « Du triangle dramatique au triangle bénéfique » quand je me sens figée dans le non-dit et la souffrance
  • « Notre métier d’art-thérapeute est essentiel », quand je fatigue
  • « L’appui c’est le ressenti du moment » quand je perds pied
  •  « Accuser réception, je vois, j’entends, je reformule » quand je risque d’interpréter
  •  « Comment ça fait écho pour l’autre, pour moi » quand je sens que les frontières sont floues
  • « Témoigner de ce que je ressens … » pour renforcer le lien

Incarnation

Transmettre avec douceur et efficacité, transmettre avec rigueur et humanité, transmettre en veillant à ce que chacun se sentent respecté, accepté, que chacun puisse trouver un cadre pour se dépasser, dépasser ses limites.

Telles sont les valeurs incarnées par toutes ces personnes; elles ont travaillé sur elles, parfois on sent poindre des difficultés, des envies de se laisser aller mais elles gardent le cap et continuent à avancer malgré les plaintes, les agacements, les empêchements …
Elles restent bien assises sur le tabouret de Carl Rogers dont les trois piliers sont les miens désormais :
Empathie – Acceptation inconditionnelle – Congruence

Ce courant humaniste duquel en découlent tant d’autres est un ancrage puissant face aux dérives qui guettent chacun d’entre nous.

Chaque pied du tabouret représente un énorme travail sur soi, des remises en question régulières et une humilité non feinte d’être convaincu qu’on ne sait rien, que seule la personne qu’on a en face a les clés pour s’en sortir. On peut juste incarner cette posture pour inspirer un changement, rien de plus.

Inspiration

Toutes ces personnes ont inspiré un changement chez moi. J’ai admiré leur posture, leur courage, leur humilité, leurs valeurs, leurs propositions créatives au delà des compétences qui sont indispensables mais qui sont loin d’être l’essentiel pour moi.

Elles m’ont fait ressentir, elles m’ont fait revivre et redonner le goût des possibles, je leur en suis reconnaissante pour tout cela.

Maintenant,

j’aspire à être un peu de tout ça,
je suis déjà un peu de tout ça,
je serai encore plus de tout ça.

Modélisation

A chaque fin de module, je me suis demandée comment je vais pouvoir faire aussi bien qu’elles. Aussi bien je ne sais pas, mais certainement aussi bien que je peux là où j’en suis.

Je respire car il s’agit juste :

d’être au clair sur ce que je souhaite apporter aux autres
d’être au clair sur les limites de mon exercice
de rester ancrée sur ce tabouret à 3 pieds
de prendre appui sur mon dossier créatif
de continuer à me former pour rester inspirée
et inspirer à mon tour.

Etre génératrice de stimuli facilitant la créativité pour un changement potentiel, voilà !

Merci !!!!!!
à vous toutes et à bientôt peut-être en formation continue, en supervision, en co-vision …


Explorez des articles en lien avec celui-ci dans les catégories :

2 réponses à “Modélisation de la posture d’accompagnante en art-thérapie, de l’importance des formateur-trice.s”

  1. Je te remercie pour le partage de ton expérience. Elle fait tellement écho à tout ce que je vis en ce moment et me donne encore plus envie d’avancer et de me faire confiance. Je débute cette formation d’Art-thérapeute…
    Partager est vraiment la plus belle valeur pour moi mais il faut parfois encore que je la cultive !!!
    Sincèrement Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *